Qu’est-ce que c’est ? (1-4)

La rhinite est une inflammation des fosses nasales.
n parle de rhinite allergique lorsqu’elle est provoquée par un allergène, c’est-a-dire une substance qui entraine une réaction allergique. Cette réaction allergique est dépendante des immunoglobulines E (IgE), une classe d’anticorps dont la production est déclenchée dès le premier contact avec l’allergène en question. C’est la phase de sensibilisation. Lors de contacts répétés ultérieurs avec ce même allergène (phase effectrice), les IgE vont être produits en plus grande quantité et provoquer des symptômes (1).

En France, les pollens de graminées sont les allergènes les plus fréquemment en cause (42%). Ils induisent des allergies saisonnières qui se répètent tous les ans à la même période (généralement entre avril et juillet) et qui sont communément appelées « rhume des foins » (1,2).

Les autres allergènes les plus fréquents sont les acariens présents dans les poussières domestiques (41%), les poils et plumes des animaux domestiques (22%), les pollens des arbres (22%) et des plantes herbacées (17%), et les moisissures (11%) (1).

Les rhinites allergiques représentent 50% des cas de rhinites chroniques de l’adulte. Les autres causes de rhinites peuvent être infectieuses (virales), congénitales, inflammatoires, médicamenteuses, hormonales… Certaines rhinites peuvent être également liées au stress, à l’alimentation, au vieillissement, à un environnement professionnel à risque inflammatoire, etc. (3,4).

La rhinite allergique peut altérer la qualité de vie : elle engendre des troubles du sommeil, de l’humeur, de la concentration et peut avoir un retentissement négatif non négligeable sur la vie socio-professionnelle et affective.
Chez l’enfant, elle peut entrainer des troubles du sommeil et compromettre les performances scolaires (1).

Quels sont les symptômes ? (1)

La rhinite allergique est caractérisée principalement par une inflammation des muqueuses nasales accompagnée d’un écoulement nasal (rhinorrhée).
La muqueuse nasale est tapissée de cellules ciliées recouvertes naturellement d’une fine couche de mucus. C’est le battement de ces cils qui permet de déplacer le mucus des fosses nasales vers le nasopharynx. Cette action mécanique (tapis muco-ciliaire) récupère et élimine les particules captées, et permet ainsi de protéger les voies aériennes supérieures.

Inflammation nasaleLorsque la muqueuse nasale de la personne allergique est altérée par une inflammation, il y a surproduction de mucus. Le fonctionnement du tapis muco-ciliaire est entravé et son rôle de protection n’est plus assuré correctement.

D’autres symptômes peuvent être observés : une obstruction nasale, des crises d’éternuements, des démangeaisons du nez et des yeux.

Comment la diagnostiquer ? (1,5)

La rhinite allergique peut être diagnostiquée par un simple interrogatoire de votre médecin. Il est intéressant d’évaluer l’intensité de vos symptômes, leur retentissement sur votre qualité de vie, les maladies associées, votre environnement allergique ou non, vos antécédents d’allergie ou ceux de votre famille.

Puis, l’identification de l’allergène en cause est une étape importante dans votre prise en charge. Cette identification est parfois évidente mais dans d’autres cas, des explorations complémentaires sont nécessaires :

  • les tests cutanés d’allergie : Ils sont l’élément de base et le premier temps du bilan allergologique. Ils consistent à introduire par voie percutanée un extrait allergénique purifié. Une réaction est positive lorsque démangeaison et rougeur apparaissent dans les minutes qui suivent l’administration de l’antigène.
  • le dosage d’anticorps spécifiques : ces anticorps, appelés IgE, sont dosés à partir d’une simple prise de sang.
  • autres tests plus spécifiques (tests multi-allergéniques, test de provocation nasale…).

Quelles peuvent être les causes ? (1,3)

Si les allergènes représentent la cause primaire de la rhinite allergique, il existerait des facteurs de risque prédisposant au développement de la maladie : des antécédents familiaux, une exposition à des allergènes de l’environnement extérieur, la pollution, le tabagisme. A l’inverse, l’exposition à certains agents infectieux de la petite enfance pourrait prévenir l’apparition de sensibilisation aux allergènes, de même, le contact précoce et continu avec certains allergènes d’animaux (notamment chien et chat) aurait un effet protecteur sur le développement de sensibilisations à ces animaux et à d’autres.

La rhinite allergique augmenterait le risque d’apparition d’un asthme d’un facteur 8 environ. De plus, elle peut être associée à d’autres maladies allergiques ou infectieuses des voies aériennes : sinusite, conjonctivite, otite. La présence de symptômes respiratoires (gêne respiratoire, irritation pharyngée, toux) ou oculaires aide le médecin à établir le diagnostic de la rhinite allergique.

Qui est touché ? (1,6,7)

La rhinite allergique est fréquente : elle touche 5 à 50% de la population générale selon la tranche d’âge, le pays considéré, voire selon les régions pour un même pays.

Les études européennes indiquent une prévalence moyenne en 2004, au sein de la population générale, de 22,7% (entre 17% et 28,5%) et de 24,5% en France.

Cette prévalence est en constante augmentation : elle double tous les 10 ans.

La rhinite allergique touche surtout les adolescents et les jeunes adultes.

Quels sont les traitements ? (1,8)

La rhinite allergique peut être limitée en évitant, dans la mesure possible, tout contact avec l’allergène en cause. Il existe également différents traitements susceptibles d’améliorer les symptômes de la maladie et donc la gêne occasionnée :

  • Les antihistaminiques: ils ont un effet asséchant sur la sécrétion du mucus et permettent une réduction de l’écoulement nasal. Ils peuvent être administrés par voie orale ou par voie locale. Les antihistaminiques oraux de 1ère génération présentent de nombreux effets secondaires (dont la sédation) tandis que les antihistaminiques de nouvelle génération sont mieux tolérés. Les antihistaminiques administrés par voie topique, nasale et oculaire, peuvent entrainer une irritation nasale et oculaire, une altération du goût. Certains antihistaminiques doivent être bannis en cas d’adénome prostatique (fréquent chez l’homme âgé).
  • Les glucocorticoïdes: ils ont une action anti-inflammatoire locale puissante et permettent de réduire la plupart des symptômes nasaux, ainsi que les symptômes oculaires lorsque ceux-ci sont présents. Les glucocorticoïdes améliorent donc significativement la qualité de vie des malades; ils sont administrés par voie nasale. Ils sont bien tolérés mais présentent certains effets secondaires transitoires : éternuements, picotements de la muqueuse nasale, maux de gorge, sécheresse et sensation de brûlures de la muqueuse nasale, saignements de nez.
  • Les vasoconstricteurs: ils ont un effet décongestionnant. Sous l’effet des vasoconstricteurs, le volume de la muqueuse qui tapisse les fosses nasales sera diminué et le nez sera débouché. Un traitement local doit être limité à 1 semaine. Il peut entrainer une rhinite médicamenteuse, des sensations de brûlures liées à une sécheresse nasale. D’autres effets peuvent également survenir : tremblements, tachycardie, irritabilité, troubles du sommeil, migraines voire hypertension artérielle. Les vasoconstricteurs sont contre-indiqués chez l’enfant.

Ces traitements sont à éviter chez la femme enceinte car ils sont susceptibles de traverser la barrière placentaire et de provoquer une malformation fœtale. Il convient donc au médecin d’adapter le traitement chez la femme en période de grossesse.

De même, le sportif de haut niveau veillera à ne pas prendre des médicaments inscrits dans la liste des produits dopants prohibés.

  • Le recours à une « désensibilisation » est parfois préconisé. C’est un traitement qui consiste à « habituer » l’organisme à être au contact de l’allergène de manière très progressive, en administrant des faibles doses de celui-ci de façon répétée et à des concentrations progressivement croissantes. Ce traitement est administré soit sous la langue (sous forme de gouttes ou de comprimés), soit par injection sous la peau (sous-cutanée) (dans ce cas, elle doit être pratiquée par un médecin ou par une infirmière dans un cabinet médical). La désensibilisation est surtout indiquée en cas d’allergie aux pollens et aux acariens. La désensibilisation par voie sous-cutanée présente de nombreuses contre-indications (traitements concomitants par bétabloquants, maladies auto-immunes, hypersensibilité à l’aspirine, etc…).
  • L’irrigation nasale grand volume : une irrigation nasale avec un grand volume de solution avec un dispositif tel que RESPIMER Netiflow procure un soulagement des symptômes de la rhinite allergique et améliore la qualité de vie (8). (voir la partie 2 « Quel est l’intérêt de l’irrigation nasale grand volume dans la prise en charge de la rhinite allergique? »)

Quels conseils pour la prévenir ?

La prévention des allergies passe avant tout par l’éviction de l’allergène en cause, lorsque ceci est possible. Demandez conseil à votre médecin traitant ou à votre pharmacien.

Certains traitements antihistaminiques ne nécessitent pas de prescription médicale et pourront vous être conseillés par votre pharmacien. N’hésitez pas à en parler avec lui.

Il est également important de toujours avoir avec vous une carte mentionnant les allergènes vis-à-vis desquels vous êtes sensibilisés.

La rhinite allergique sévère ne s’améliore pas avec le temps, bien au contraire ! Elle doit être prise en charge le plus tôt possible sinon elle peut évoluer vers d’autres allergies, en particulier l’asthme. Si vous présentez des symptômes de rhinite allergique, n’hésitez pas à consulter votre médecin. Au besoin, ce dernier vous orientera vers un allergologue qui réalisera un diagnostic précis et définira un traitement efficace.

Enfin, adoptez le réflexe de l’irrigation nasale grand volume avec RESPIMER Netiflow.
Une irrigation quotidienne a un effet bénéfique sur les symptômes rhinosinusiens et la qualité de vie, et permet de réduire le nombre de crises allergiques (8).
(Voir la partie 2 « Quel est l’intérêt de l’irrigation nasale grand volume dans la prise en charge de la rhinite allergique ? »).

 

Bibliographie(1) Demoly P. Rhinite allergique et polypose nasosinusienne. Ed. John Libbey Eurotext, Paris. 2005.

(2) Larousse Médical. Ed. Larousse. 2006

(3) Société Française d’ORL et de chirurgie de la face et du cou. Recommandation pour la pratique clinique. « Prise en charge des rhinites chroniques ». Mai 2005.

(4) Bonfils P. Le livre de l’Interne ORL. Medecine Sciences Publications. 2011.

(5) Braun JJ, et al. Recommandations pour le diagnostic et la prise en charge de la rhinite allergique (épidémiologie et physiopathologie exclues) Rev Mal Respir. 2010;27:Suppl 2:S79-105.

(6) Bauchau V, Durham SR. Prevalence and rate of diagnosis of allergic rhinitis in Europe. Eur Respir J 2004; 24: 758–764.

(7) Bousquet J, et al. Allergic Rhinitis and its impact on athma (ARIA) 2008 update (In collaboration with the World Health Organization, Ga(2)LEN and AllerGen) Allergy 2008; 63:S8-160.

(8) Rabago D, et al. Nasal irrigation for chronic sinus symptoms in patients with allergic rhinitis, asthma and nasal polyposis: a hypothesis generating study. WMJ. 2008;107(2):69-75.