Qu’est-ce que c’est ? (1-3)

La rhinite est une inflammation de la muqueuse des fosses nasales. La sinusite est une inflammation d’un ou plusieurs sinus de la face. Les sinus sont les cavités remplies d’air creusées dans les os, recouvertes d’une muqueuse identique à celles des fosses nasales, entourant les fosses nasales, et communiquant avec elles grâce à de petits orifices. De ce fait, assez souvent, rhinite et sinusite coexistent chez une même personne d’où le terme « rhinosinusite ».

Le caractère chronique de la rhinosinusite est établi lorsque  l’inflammation persiste pendant au moins 12 semaines, sans disparition complète des symptômes durant cette période.

Dans 2% des cas, la rhinosinusite peut être associée à des  polypes nasaux : il s’agit d’une polypose.

Quels sont les symptômes ? (1)

La rhinosinusite chronique (RSC) est caractérisée par un ou plusieurs des symptômes suivants :

  • une obstruction nasale,
  • un écoulement nasal,
  • des douleurs des sinus (avec possible irradiation vers les orbites ou les dents),
  • des maux de tête, une mauvaise haleine (halitose),
  • des douleurs au niveau des oreilles,
  • des éternuements à répétition.

Ces symptômes peuvent s’accompagner d’autres signes cliniques comme un mal de gorge, de la fièvre, des vertiges, des troubles du sommeil, une perte de l’odorat.

Chez l’enfant, l’expression de la rhinosinusite chronique est très similaire en termes de durée et de symptômes, à la différence que les enfants présentent le plus souvent une toux (et non une perte de l’odorat).

Une échelle d’évaluation analogique cotée de 0 à 10 permet de classer la RSC comme légère (0-3), modérée (>3-7) ou sévère (>7-10). En général et selon les recommandations officielles, un score ≥ 5 indique une altération de la qualité de vie en rapport avec les symptômes rhinosinusiens chroniques.

Quelles sont les complications ? (1)

La rhinosinusite chronique a un impact négatif sur la qualité de vie des personnes. Leur vie sociale, en particulier, est affectée au même titre que celle de personnes atteints d’autres maladies chroniques (insuffisance cardiaque, angine de poitrine, mal de dos…).

Les complications de la RSC sont rares et se traduisent surtout par la formation de polypes et de mucocèles (tumeurs bénignes), ou exceptionnellement par une érosion ou des infections des os du nez.

Comment la diagnostiquer ? (1)

Le diagnostic de rhinosinusite chronique est avant tout établi par l’interrogatoire de votre médecin, qui recherchera le caractère persistant des symptômes cités ci-dessus. Un examen endoscopique des fosses nasales ou un scanner des sinus est parfois utile. Des prélèvements peuvent être effectués en vue d’analyses cytologiques ou bactériologiques. Enfin, dans des situations particulières, il existe une batterie de tests diagnostiques spécifiques que votre médecin peut être amené à prescrire

Quelles peuvent être les causes ? (1)

La rhinosinusite chronique est favorisée par différents facteurs :

  • une déficience du mouvement ciliaire de la muqueuse nasale, c’est à dire des cils vibratiles des cellules, chargés d’évacuer les impuretés inhalées piégées dans le tapis muqueux, comme un tapis roulant
  • une hyperproduction de mucus par les cellules de la muqueuse nasale
  • une allergie ou un asthme
  • une sensibilité à l’aspirine
  • une dysfonction immunitaire ou thyroïdienne
  • une anomalie génétique
  • une grossesse
  • le tabagisme
  • certaines infections.

Qui est touché ? (1,4)

Selon une étude européenne réalisée dans 12 pays, la prévalence moyenne de la rhinosinusite chronique était en 2011 de 10,9%, (entre 6,9% et 27,1% selon la population étudiée). Tous pays confondus, c’est le tabagisme qui est le plus fortement associé à la survenue de la maladie.

La prévalence de la RSC chez l’enfant est difficile à déterminer mais elle représenterait un faible pourcentage des consultations.

Quels sont les traitements ? (1)

Il existe plusieurs traitements médicamenteux de la rhinosinusite chronique :

  • Les glucocorticoïdes : leur action anti-inflammatoire locale puissante permet de réduire la plupart des symptômes nasaux, ainsi que les symptômes oculaires lorsque ceux-ci sont présents. Les glucocorticoïdes améliorent donc la qualité de vie des personnes. Ils sont administrés par voie nasale mais on sait néanmoins que leur efficacité sur les muqueuses sinusales dépend du dispositif d’application (nébulisation et spray sont peu efficaces), de la dynamique de l’application (les applications de faible volume à basse pression sont moins efficaces) et de votre statut chirurgical sinusal (plus grande efficacité après chirurgie des sinus). Les effets secondaires se traduisent par des saignements de nez, une sécheresse nasale, des irritations ou des brûlures nasales.
  • Les antibiotiques : parmi les différentes classes d’antibiotiques étudiées, les macrolides sont ceux dont l’utilisation est préconisée dans le traitement de la RSC. Leur efficacité optimale est obtenue lorsqu’ils sont administrés à faible dose, par voie systémique et pendant une période supérieure à 4 semaines. Le principal risque d’une antibiothérapie prolongée est l’émergence de souches bactériennes résistantes. D’autre part, il est important de prendre garde aux risques d’interactions médicamenteuses observées avec certains antibiotiques et d’autres traitements (antiépileptiques, antidépresseurs, …).
  • L’irrigation nasale saline :l’irrigation nasale grand volume avec une solution saline isotonique adaptée comme RESPIMER Netiflow est recommandée chez l’adulte.
    En effet, l’irrigation nasale grand volume avec une solution telle que RESPIMER Netiflow permet :

  • La chirurgie des fosses nasales et des sinus : le recours à un traitement chirurgical peut être proposé dans certaines situations (voir fiche spécifique à ce sujet).

 

Bibliographie
(1) Fokkens WJ, et al. European Position Paper on Rhinosinusitis and Nasal Polyps 2012. Rhinol Suppl. 2012;(23): 1-298.
(2) Larousse Médical. Ed. Larousse. 2006
(3) Klossek JM, et al. Prevalence of nasal polyposis in France: A crosssectional, case-control study. Allergy. 2005;60(2):233-7.
(4) Hastan D, et al; Chronic rhinosinusitis in Europe-an underestimated disease. A GA(2)LEN study. Allergy. 2011 Sep;66(9):1216-23.